Accès à la propriété

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Accès à la propriété

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02/12/2012 Vieux  
 
  58 ans, Hainaut
 
Bonsoir,

Après avoir beaucoup lu sur ce forum, je me décide à m'inscrire pour participer un peu aux débats. Je n'ai pas de vraie question à poser, ayant jusqu'à présent trouvé – en cherchant un peu – réponse à mes diverses interrogations.

Certains sujets m'interpellent davantage que d'autres, bien sûr, et en particulier les discussions relatives à la construction. Comme tant d'autres Belges, j'ai la traditionnelle « brique dans le ventre » ; et comme ma femme n'est pas en reste, nous nous sommes rapidement débrouillés pour accéder à la propriété, après trois années de location. C'était il y a bien longtemps déjà : 1985.

Avec de petits moyens mais beaucoup de volonté et de débrouillardise, nous avons débuté « modeste ». Sept cent cinquante mille francs – soit moins de vingt mille euros – pour une petite maison à rénover (il n'y avait même pas de SDB), ça peut sembler très peu, mais à l'époque ce n'était quand même pas rien. D'autant que les taux d'intérêt, au milieu des années 80, flirtaient avec les douze pour cent ! On ne pouvait pas se permettre plus : on a retroussé nos manches et renoncé aux vacances pendant plusieurs années. La maison offrait des possibilités d'aménagement, c'est pourquoi nous l'avions également choisie.

Je ne vais pas vous raconter notre vie, ce n'est pas le but de ce message. Simplement, au hasard de mes lectures sur ce forum, je suis fréquemment tombé sur des questions du genre : « peut-on construire pour 150 000 euros TTC ? »
Souvent, ces questions sont posées par de jeunes aspirants-propriétaires. Des gens comme nous... il y a plus de vingt-cinq ans.

Loin de moi l'idée de leur reprocher leurs envies. Au contraire ! Vouloir accéder à la propriété est une bonne idée.
Je trouve même qu'ils ont raison de poser la question sur ce forum avant de se lancer tête baissée dans une aventure à très haut risque ! S'inquiéter en premier lieu de la faisabilité d'une entreprise, c'est déjà le début de la sagesse.

« Voir trop grand » en achetant au-dessus de ses moyens financiers, ce n'est pas encore si grave : une maison, on peut la revendre. Mais une nouvelle construction à l'abandon, c'est dramatique. Et personne n'est chaud pour racheter une bâtisse ouverte à tous les vents, peut-être entachée de vices de construction...
Soucis financiers + chantier + manque d'expérience, c'est un cocktail qui peut venir à bout d'un couple qu'on croyait bien soudé.

Alors, aux plus jeunes, je conseillerais d'acheter dès qu'ils le peuvent. Acheter en fonction de leurs moyens. Les moyens financiers, c'est assez simple à évaluer, à la grosse louche :

Capacité de remboursement mensuel = (loyer actuel + épargne mensuelle) – 15 %.

Acheter, c'est presque toujours un bon calcul, surtout si on est bien conseillé au moment du choix.
Construire, c'est un rêve qu'on peut remettre à plus tard. Quand on a l'expérience et... du capital.


Notre maison de vingt mille euros en 1985, nous pourrions la revendre aujourd'hui sept à huit fois plus cher. Nous avons financé nos travaux avec des « rallonges » sur le crédit hypothécaire, en bénéficiant au passage d'un coup de pouce du destin : la chute des taux d'intérêt, qui nous a permis de faire racheter notre emprunt initial (de 11 % à 5,25 % !).

Je viens de faire un (long) calcul : toutes mensualités confondues, nous en sommes à environ 96 000 euros d'investissement (remboursement du capital + intérêts + travaux). Ce montant est en « francs ou euros constants ». En tenant compte d'une inflation de 2 % l'an, calculée année après année, nous arrivons environ à 126 000 euros.

Si nous décidons à présent de construire, notre apport en capital (revente de notre habitation actuelle + épargne) nous permet d'envisager la chose assez favorablement.
03/12/2012 Vieux  
  54 ans, Hainaut
 
Voici un message frappé au coin du bon sens.
03/12/2012 Vieux  

 
  41 ans, Liège
 
En effet,
J'approuve tout ce qui est dit.

Ce que les gens de votre génération considèrent pour acquis est qu'un placement immobilier est un bon placement. Ca n'est plus le cas et cela sera de moins en moins le cas. Vous avez eu la chance, par pur hasard, d'acheter en bas d'une courbe ascendante d'un marché qui connait aussi des courbes descendantes.
Je vous garanti que celui qui a construit en 2005 est incapable de rentrer dans ses frais en vendant en 2012, par exemple, alors que celui qui aurait fait pareil en 1995 vendrait facilement le double en 2002.

Deuxieme point ; rendez vous compte que vous avez payé une part beaucoup moins importante de votre salaire pour vous loger que les générations actuelles. Rappellez vous de votre mensualité de 1985 en BEF, multipliez la par 4, comparer avec votre salaire de l'epoque, et vous avez une idée de la charge qui pèse sur les épaules actuelles.

La situation dramatique ou les jeunes et moins jeunes se trouvent donc est
- des prix au maximum depuis une generation, donc des mensualités élevées par rapport au salaire (vous avez payé proportionnellement beaucoup moins cher)
- impossible de se loger moins cher (faut payer le prix du marché, ou louer)
- un risque, en cas de revente "rapide" de ne jamais revoir son argent, de nombreux signes de "tassement" l'euphémisme belge pour une baisse.
03/12/2012 Vieux  
 
  35 ans, Liège
 
@ponpon : Votre message me semble un peu paradoxal. Vous affirmez vous même pouvoir vendre votre maison 8 x l'investissement initial et 25 pct au dessous de ce que vous avez débourser depuis l'achat ( intérêts compris, ce qui est quand même un comble) et vous reprochez aujourd'hui à ceux qui veulent acheter d'être déraisonnables dans leurs envies. Mais c'est le marché qui est déraisonnable. Vous avez eu la chance de naître au bon moment et de pouvoir acheter au pied d'une courbe aussi illégitime que vertigineuse et qui aujourd'hui pose d'énormes problèmes aux primo accédants. N'ajoutez pas, à la difficulté, parfois à la détresse , la culpabilité . Et, si vous voulez que nous soyons raisonnables, vendez votre maison à 100 000 euros . Quoi, c'est déraisonnable, Ben voyons!

Dernière modification par Deanimated 03/12/2012 à 11h58.
03/12/2012 Vieux  
 
  42 ans, Brabant Wallon
 
c'est encore possible... j'ai acheté ma première maison il y a 9 ans 115 000 euro dans une riche commune du Brabant Wallon, tout à refaire... j'ai presque tout fait seul, 55 000 de travaux. Je l'ai vendue il y a presque 2 ans 380 000 euro en 3 jours!!!!!
03/12/2012 Vieux  
 
  35 ans, Liège
 
Citation:
Posté par brye Voir le message
c'est encore possible... j'ai acheté ma première maison il y a 9 ans 115 000 euro dans une riche commune du Brabant Wallon, tout à refaire... j'ai presque tout fait seul, 55 000 de travaux. Je l'ai vendue il y a presque 2 ans 380 000 euro en 3 jours!!!!!
Qu'est-ce qui est encore possible, de payer la rente de propriétaires biens nés en achetant une maison bien au dessus de sa valeur vénale? Il y a neuf ans, en 2003... depuis, les prix ont doublés et votre maison, vous l'auriez sans doute vendue plus de 200k sans même y avoir planté un seul clou! Belle opération et bravo à vous, mais ne faite pas croire que cela est encore possible aujourd'hui et que l'immo est encore un bon placement "financier". C'est une rente, à très long terme, pour la pension, mais l'ère des plus values à 3 chiffres est bel et bien révolue. Aujourd'hui, vu les plafonds Ahurissants atteints, ces opérations ne sont plus possibles. Je vois mal l'immo prendre 100% d'ici 10 ans (et c'est tant mieux pour nos enfants, que l'évolution des prix suive celle des salaires, point!)

Par ailleurs, l'accès à la propriété est fortement mis à mal. Acheter une maison ajd à 115.000 (4 milions et demi, quand même), c'est se retrouver avec une demi ruine ou une toute petite maison, mais quoi qu'il arrive, où beaucoup de travaux se présentent (bon, il y a parfois des exceptions, mais elles sont rares)
03/12/2012 Vieux  
 
  Bruxelles
 
Citation:
Posté par Deanimated Voir le message
Je vois mal l'immo prendre 100% d'ici 10 ans
Je n'en suis pas si sûr. Comme pour tout, les prix du marché immo dépendent de l'offre et de la demande. Et la demande reste très forte. Tout se vend. Et comme l'argent ne rapporte plus rien, l'immo est devenu un placement qui rapporte plus que les comptes d'épargne. Donc moi je crois que les prix vont encore monter...

Citation:
Posté par Deanimated Voir le message
(et c'est tant mieux pour nos enfants, que l'évolution des prix suive celle des salaires, point!)
Nous sommes d'accord ! Cela devient quasi totalement impossible pour les jeunes d'acheter un bien immo. C'est bien malheureux. Mais encore une fois c'est la loi du marché et le marché a de la fièvre (car il est malade ?)
03/12/2012 Vieux  
 
  Bruxelles
 
Citation:
Posté par brye Voir le message
c'est encore possible... j'ai acheté ma première maison il y a 9 ans 115 000 euro dans une riche commune du Brabant Wallon, tout à refaire... j'ai presque tout fait seul, 55 000 de travaux. Je l'ai vendue il y a presque 2 ans 380 000 euro en 3 jours!!!!!
Je peux dire la même chose.
Achat maison en 1997 (3,8Mo FB) l'équivalent de 95000 €.
Beaucoup de travaux (souvent faits par moi-même) sans gros moyens financiers (isolation grenier, nv élec, nv plomberie, ajout sdb, ajout cuisine, carrelages, peintures, velux, ...)
Malheureusement 9 ans plus tard divorce et revente en 2006 : 295000 € en 3 jours.
03/12/2012 Vieux  
 
  35 ans, Liège
 
Citation:
Posté par ventraterre Voir le message
Je n'en suis pas si sûr. Comme pour tout, les prix du marché immo dépendent de l'offre et de la demande. Et la demande reste très forte. Tout se vend. Et comme l'argent ne rapporte plus rien, l'immo est devenu un placement qui rapporte plus que les comptes d'épargne. Donc moi je crois que les prix vont encore monter...
Tout ne se vend plus, bien au contraire. Le marché commence à se bloquer et les annonces restent de plus en plus longtemps. Tous les AI sont d'accord pour dire que les marges de négociations sont très hautes et que les acquéreurs commencent à récupérer un peu de pouvoir dans le processus de négociation. Le seul facteur qui soutient encore un peu le marché et le volume des transactions, ce sont les taux d'intérêts historiquement bas. Attendez un peu qu'ils prennent 2, voire trois ou quatre points d'ici à 2 ans, et la demande va chuter, ou du moins la capacité d'emprunt des ménages (compte tenu du blocage des salaire "temporairement définitif"). Celui qui peut emprunter 200 aujourd'hui, ne visera plus que 180 alors, et réorientera ses recherches. Comme il ne trouvera pas un bien qui corresponde à ses besoins, il n'achètera pas et le marché va se bloquer. La baisse suivra, lorsque les vendeur auront conscience de ce qui se passe.

Je ne vois par ailleurs pas les investisseurs continuer à claquer leur épargne dans la pierre. C'est comme pour tout, quand c'est très haut, le facteur d'évolution diminue et ça, les investisseurs le savent. Sauf pour quelques régions très spécifiques, qui constituent des niches singulières dans le marché immo belge (BXL et le BW, la flandre, à certains endroits), je pense que la courbe va, dans les 5 à 10 prochaines années, fortement s'aplanir, si pas s'inverser un peu. Je parle d'un léger réajustement, pas d'un éclatement; peut-être -10, -20. Espérons le pour les autres, espérons aussi que ça dure, pour ceux qui vont venir sur le marché et pour nos enfants, et tant pis pour nous, qui avons dû nous résoudre à acheter au sommet d'une vague qui tardait à retomber. Reste maintenant à s'acquitter de notre dette, en espérant ne pas devoir revendre avant l'échéance, dans un marché complètement dévasté.
03/12/2012 Vieux  
 
  63 ans, Namur
 
Quelques chiffres?
En 1985, un prêt de 5.500.000(137.500 euros) en 30 ans revenait à 51.000 francs belges(1.275 euros) par mois(2750.000 à taux réduit, le solde à taux plein).
Un bien de 5.500.000 était,à l'époque, une demeure début de gamme cossue(namurois).
Sur le plan des salaires, si on se base sur la règle du 1/3 max., il fallait avoir une rentrée nette mensuelle de 153.000 francs belges(3825 euros)... Ce qui était une très, très bonne rentrée en 1985!
Donc, pas si évident que cela pour un jeune couple qui démarrait dans la vie!
Même en divisant le montant par 2, cela restait, pour le salaire moyen de 1985, un investissement non négligeable.
Il est faux de prétendre que l'accession à la propriété était plus facile en 1985 que maintenant, pour le citoyen lambda!
Ce qui est par contre exact, c'est qu'à partir de 95, les taux d'intérêts ont commencé à chuter drastiquement.
Cette baisse a induit 2 choses:
1. le prix des biens a commencé à monter quasi proportionnellement à la baisse des taux et la fièvre de l'immobilier c'est installée durablement.
2. ceux qui avaient conclus un prêt, sur base des prix de l'immobilier avant la baisse des taux, ont pu réaliser de substantielle baisse, sur leur mensualité(rachat de prêt).
3. Les prix de la construction et de la rénovation ont suivi la courbe ascendante des biens immobiliers.

A partir du passage à l'euro, ça devient du grand n'importe quoi dans le marché de l'immobilier: prix des biens, prix de la construction, prix des travaux, des matières premières...
Résultat, en 1985, c'était le niveau de salaire et les taux d'intérêts qui interdisaient l'accession à la propriété. En 2012, c'est le niveau des salaires et le prix de l'immobilier qui l'interdisent.
Les paramètres changent, mais le résultat est le même.
Il n'était pas plus facile à un jeune couple ouvrier d'accéder à la propriété en 1985, qu'à ce même jeune couple en 2012.

Les bonnes affaires, si on peut parler ainsi, se sont réalisées sur le boum des prix de l'immobilier et la baisse des taux, encore fallait il le savoir!!!
En 1985, l'acheteur ne savait pas que l'immobilier allait s'affoler et que les taux allaient baisser. Sa décision de construire ou d'acheter ne se basait donc pas sur une spéculation de ce que serait l'avenir de ces 2 critères, mais sur les seuls critères de sa capacité à rembourser et de la pérennité de son emploi.
Nous sommes aujourd'hui en pleine bulle immobilière, tout le monde le constate.
Alors, que faut il faire?
Acheter au prix fort et rembourser plein pot un bien qui perdra peut être de sa valeur?
Ou espérer qu'il n'y a pas de bulle et que le marché va continuer à protéger le propriétaire, par son augmentation?
Avec les nouvelles directives qui nous arrivent dans les 4 ans, le marché du bâti ancien(chni ou belle villa) va t'il se maintenir ou s'effondrer?
Quid de la TVA, des obligations de rénovation(nouvelles normes)?
Si ce marché s'effondre, la spéculation sur les terrains et la construction neuve ont encore de beaux jours devant eux. Dans ce cas, il est intéressant de faire construire aux normes les plus strictes.
Mais si non...

Conclusion: chaque génération à ses questions existentielles.
Celui qui a construit une polyvilla en 1985 peut, peut être la revendre aujourd'hui avec un substantiel bénéfice, mais demain?

Je connais beaucoup de jeunes qui désirent accéder à la propriété mais qui sont plus que dubitatif, non seulement sur l'évolution des prix, mais surtout sur leurs chances d'avoir une carrière qui permettent l'investissement.
03/12/2012 Vieux  
 
  35 ans, Liège
 
Citation:
Posté par john steeds Voir le message
Quelques chiffres?
En 1985, un prêt de 5.500.000(137.500 euros) en 30 ans revenait à 51.000 francs belges(1.275 euros) par mois(2750.000 à taux réduit, le solde à taux plein).
Un bien de 5.500.000 était,à l'époque, une demeure début de gamme cossue(namurois).
Sur le plan des salaires, si on se base sur la règle du 1/3 max., il fallait avoir une rentrée nette mensuelle de 153.000 francs belges(3825 euros)... Ce qui était une très, très bonne rentrée en 1985!
Donc, pas si évident que cela pour un jeune couple qui démarrait dans la vie!
Même en divisant le montant par 2, cela restait, pour le salaire moyen de 1985, un investissement non négligeable.
Il est faux de prétendre que l'accession à la propriété était plus facile en 1985 que maintenant, pour le citoyen lambda!

D'accord avec vous. Mais cette maison, ajd, on l'achète combien? Parceque 140 000€ c'est déjà une belle somme à l'époque. A franc/euro constant, ça donne plus ou moins 250 000€, mais à la valeur du marché, combien et quel poids ça a sur le budget d'un ménage.
Disons 350 000, au minimum (je me trompe?). Alors en 30 ans à 4.5%, ça fais environ 1800€/mois (soit, au 1/3 max, 5400 euros de rentrées).Ok, on est pas dans un gouffre abyssal et les deux valeurs de 85 à 2012 se valent plus ou moins, mais ceux qui empruntent aujourd'hui sont au plus bas des taux et ne peuvent plus rien espérer et surtout pas de revendre leur maison plus du double de sa valeur! Si l'accès à la propriété est équivalent en terme de difficulté, la valeur de rente ou de placement de l'immo, c'est tout autre chose.

Dernière modification par Deanimated 03/12/2012 à 16h37.
03/12/2012 Vieux  
 
  69 ans, Namur
 
Je pense qu'il y a une très grande différence entre le marché de la maison neuve, dont le prix n'arrête pas de monter, comme les performances de ces maisons, permettant à l'avenir de réduire la dépense énergétique dont le coût n'arrête pas de monter non plus;
et celui de l'immobilier existant, dont les performances sont inversément proportionnelles à celles de la maison neuve.
Ce marché là va baisser irrémédiablement un jour ou l'autre.
Dans ce marché, je vois encore deux subdivisions: les maisons ayant une valeur architecturale, ou une position stratégique, qui donnent envie de la remettre aux normes du jour du point de vue énergétique. Et dont le prix ne va pas s'effondrer mais peut être même remonter. Un hotel de maître avenue Winston Churchill ou avenue Roosevelt ne va sûrement pas diminuer de prix.
Par contre, le marché de la maison bas de gamme va s'effondrer progressivement, par absence de demande.

Quant aux difficultés pour les jeunes d'avoir accès à une maison, cela vient aussi du fait que les gens dépensent différemment et rêvent de maisons au dessus de leurs moyens, et au moindre accident de vie (perte d'emploi, par exemple) tout capote et c'est le divorce, la revente en urgence et la spirale vers le bas.
Certains veulent à 20-25 ans, un bien qu'on acquérait avant, après 40 ans, après avoir fait des économies.
Je vois tous les jours des gens dont le budget n'est pas en adéquation avec leur projet.
Et aussi des gens qui se mettent la corde au cou en achetant un projet de maison à un prix trop bas et quand les suppléments tombent c'est la catastrophe.Ils n'ont rien devant eux.

Dernière modification par intègre 03/12/2012 à 18h42.
03/12/2012 Vieux  
  36 ans, Hainaut
 
Citation:
Posté par intègre Voir le message
Par contre, le marché de la maison bas de gamme va s'effondrer progressivement, par absence de demande.
eh bien voila, il suffit donc de patienter pour avoir accès à la propriété.
03/12/2012 Vieux  
 
  58 ans, Hainaut
 
Merci pour vos commentaires. Mon message n’avait pas pour objectif de me moquer, d’effrayer ou de retourner des couteaux dans des plaies. Que ceux que j’aurais heurtés daignent me pardonner, c’était involontaire de ma part. Mon message était un appel à la prudence. Construire coûte plus cher que ce que peuvent laisser croire les annonces et boniments des services commerciaux.

J’ai indiqué moi-même que nous avons eu de la chance, mais je voudrais néanmoins nuancer, parce que c’est un peu simple de dire que « nous sommes nés au bon moment ». Chaque époque a ses charmes ; mais, de la même façon que je ne voudrais pas vivre l’existence que mes parents ont vécue, mes enfants ne voudraient sans doute pas de la mienne.

Nous faisons tous, au cours de notre vie, de nombreux paris sur l’avenir : choisir un métier, nous mettre en ménage, agrandir la famille…
Acquérir son logement est un de ces paris, et nous l’avons fait comme nos parents l’ont fait avant nous. Pour eux comme pour nous, le commentaire est identique, quant à l’accès à la propriété : « Au début, c’est très dur. »
Lorsque nous avons acheté, la charge mensuelle correspondait à peu près au tiers de nos revenus. Croyez-vous que c’était facile ? Nous avons eu de la chance, certes, mais la flambée des prix de l’immobilier n’a rien à voir là-dedans. Strictement rien. D’ailleurs, tant que nous ne vendons pas notre logement, nous ne profitons en rien de cette hausse. Nous avons acheté pour nous loger, non pour spéculer.

La chance que nous avons eue, c’est surtout de rester en couple, sans gros soucis de santé ou de chute importante de nos revenus (malgré quelques changements d’emploi). La baisse des taux d’intérêt a été un petit coup de pouce nous permettant d’alléger notre charge plus rapidement que prévu ; mais même sans cela nous serions quand même, en fin de compte, propriétaires de notre bien.

La difficulté, actuellement, n’est pas tant d’accéder à la propriété, mais d’accepter de vivre en fonction de nos moyens. Tant que la charge mensuelle n’excède pas nos capacités de remboursement, pourquoi devrait-il y avoir un problème ? Nous contractons des emprunts hypothécaires à mensualités constantes, dans la plupart des cas. La charge mensuelle est donc bien connue et, au fil du temps, devrait peser de moins en moins lourd.
Ce qui est difficile, pour les plus jeunes, c’est de parier sur un avenir incertain… en matière de revenus.
L’immobilier reste une valeur sûre ; mais, comme l’indique bZone, la conjoncture actuelle ne permet pas de « rentrer dans ses frais » en cas de revente rapide. D'un autre côté, acheter une maison dans l’optique de la revendre avec profit, c’est de la spéculation. Je ne crois pas que beaucoup de particuliers fassent cela. On achète une maison pour y vivre pendant une durée indéterminée ; et ce sont les circonstances de la vie, les occasions qui se présentent et tout un tas de choses que nous ne maîtrisons pas qui feront qu’on revendra ou pas.

Encore une fois, quand on achète, c’est aux conditions du marché à ce moment-là. Et on s’engage à ces conditions-là. Les fluctuations du marché de l’immobilier ne modifient pas la charge mensuelle de l’emprunteur tant qu’il ne touche pas à son contrat.

L’immobilier est un placement à moyen et long terme, jamais à court terme puisque les premières années de remboursement d’un emprunt hypothécaire représentent surtout le paiement d’intérêts. Acheter aujourd’hui, c’est s’endetter pour de longues années. Dans le principe, rien n’a vraiment changé.

« Se loger, c’est cher », lit-on souvent. Mais ça a presque toujours été cher (jadis à cause des taux d’intérêt, aujourd’hui à cause des prix de vente), parce que la demande reste soutenue.

John Steeds a très bien expliqué le phénomène :
« En 1985, l'acheteur ne savait pas que l'immobilier allait s'affoler et que les taux allaient baisser. Sa décision de construire ou d'acheter ne se basait donc pas sur une spéculation de ce que serait l'avenir de ces 2 critères, mais sur les seuls critères de sa capacité à rembourser et de la pérennité de son emploi. »

Exactement. Quand nous avons acheté en 1985, c’était pour nous loger. Pas pour spéculer. C'était un investissement, pas un « placement ». Nous ne sommes que de simples salariés. Dans les premiers temps, nos fins de mois étaient très difficiles à boucler. Un tiers de nos revenus passait dans la mensualité. Le seul « coup de bol », ce fut la chute des taux d’intérêt. Mais pas plus en 1985 qu'en 2012, on ne pouvait prévoir l'évolution du marché sur dix ou vingt ans.

Ce qui est cher, aujourd'hui, ce sont les terrains et le « bas de gamme ». En d'autres termes, pour cent mille euros, on n'a encore rien. La différence entre la vieille maison et la toute nouvelle s'est, quelque part, amoindrie, ce qui fait souvent dire : « À ce prix-là, autant construire ».

Il n'en reste pas moins que construire coûte cher. Les CSP vous disent que pour 150 000 € tout compris, c'est possible. En se contenant du plus basique. Il faut y ajouter le terrain, l'éventuelle mauvaise surprise avec les fondations, les impétrants, l'évacuation des terres et l'aménagement des abords. Le boniment de l'agent commercial ne tient pas toujours la distance. Ajoutez cent mille, au bas mot.

J'ai pu lire : « Oui, mais on va faire un gros œuvre fermé ». Soit. Mais pouvez-vous vivre dans un GOF ? Il faut se raccorder à l'eau, aux égouts, à l'électricité. Il faut chauffer. Aménager un semblant de cuisine et de SDB. Et aller bosser pour payer tout ça.

Alors, résumons : pour cent mille euros, des ruines. Ou un terrain avec encore rien dessus.

Et pour cent cinquante mille ? En Wallonie, en cherchant un peu, on trouve quelque chose de convenable, à ce prix-là. Il y a le terrain, l'eau, l'électricité, une salle de bain et une cuisine. Pas de luxe, bien sûr, mais suffisant pour commencer. Le RC modeste, la TVA à 6 % sur ce que vous faites faire et l'une ou l'autre prime, ce n'est pas à négliger non plus.

Et cent cinquante mille euros, c'est environ neuf cents par mois en vingt ans. Aujourd'hui.
Et si vous signez, dans cinq ans, dans dix ans, ce sera toujours neuf cents euros par mois. Au début, c'est difficile, mais plus tard, ça pèse moins lourd.

La chance ou la malchance, après ça, ce n'est pas la hausse ou la baisse des prix immobiliers ; c'est l'évolution de vos moyens financiers. Personne n'est à l'abri d'une mauvaise passe.

Par contre, comme le souligne Deanimated, il ne faut plus espérer le petit coup de pouce donné par une chute des taux d'intérêt.
Et Intègre me semble dans le bon quand il attire l'attention sur l'adéquation des désirs et des moyens. Restons prudents.
03/12/2012 Vieux  
 
  34 ans, Brabant Wallon
 
Citation:
Posté par john steeds Voir le message
Quelques chiffres?
En 1985, un prêt de 5.500.000(137.500 euros) en 30 ans revenait à 51.000 francs belges(1.275 euros) par mois(2750.000 à taux réduit, le solde à taux plein).
Un bien de 5.500.000 était,à l'époque, une demeure début de gamme cossue(namurois).
Heu je ne suis peut-être pas bien informé mais mes parents ont acheté en 1976 une maison de 13*7 sur deux étage complet à l'époque moins de 2.000.000 Bef soit moins de 50.000 euros en région liégeoise dans un petit village d'Amay pour être précis.

Je sais qu'il avaient environs du 14% d'intérêt sur 20 ans.

Cette maison a été revendue 177.500 l'année passée.

Quand je lis 5.500.000 c'était pas la maison de monsieur tout le monde quand même.

Maintenant quand vous dites "début de gamme cossue" c'est déjà une maison pour une population assez aisée de l'époque ?
03/12/2012 Vieux  
Musicseby
 
 
Oui ce chiffre m'effraie. Mes parents ont acheté à l'époque à 750 000 FB et mes beaux-parents 2.000.000 de FB (grosse batisse avec partie proffessionelle).

A l'heure actuelle, il faut vivre selon ses moyens. Ma soeur et mon beau-frère regardent actuellement pour acheter aux alentours des 100.000 euros et il y a moyen d'avoir qqch.

Perso, j'ai fait construire il y a deux ans une fois que ma situation financière et personnelle le permettaient. Trop de personnes ont une mentalité d'assistés, il faut tout tout de suite et du grand luxe ... A l'époque, les mentalités n'étaient pas comme cela.
03/12/2012 Vieux  
 
  63 ans, Namur
 
Citation:
Posté par eljub Voir le message
Heu je ne suis peut-être pas bien informé mais mes parents ont acheté en 1976 une maison de 13*7 sur deux étage complet à l'époque moins de 2.000.000 Bef soit moins de 50.000 euros en région liégeoise dans un petit village d'Amay pour être précis.

Je sais qu'il avaient environs du 14% d'intérêt sur 20 ans.

Cette maison a été revendue 177.500 l'année passée.

Quand je lis 5.500.000 c'était pas la maison de monsieur tout le monde quand même.

Maintenant quand vous dites "début de gamme cossue" c'est déjà une maison pour une population assez aisée de l'époque ?

5.500.000 TTC, c'est dans la région namuroise pour une maison avec du terrain et minimum 3 chambres. Mais effectivement, la 2F ou la 3F était moins chère et tournait entre 2.200.000 et 2750.000. C'est pour cela que j'ai mentionné que même à la moitié du remboursement des 5.5 millions, cela restait un investissement conséquent pour une jeune ménage ouvrier.

Dans le haut de gamme à la mode dans les années 80, je connais très bien une ancienne ferme à renover, avec 2Ha70 de terrain(dont 70 ares en zone à bâtir) et située sur les hauteurs de Namur qui a été vendue pour 45.000 euros+ frais d'enregistrement, en 1985.
Le terrain fait 100 mètres à rue et 75 mètres avant d'arriver à la ferme(grosso modo 70 ares en façade de la ferme).
Elle fait 450 M2 au sol avec un living de 180 M2, un bureau, une bibliothèque, une cuisine, une arrière cuisine et une buanderie, un hall gigantesque incluant une pièce de réception, 6 chambres dont 2 avec mezzanine et SdB intégrée(chambres des enfants), une SdB et une SdD ainsi que deux pièces dressing. Garage extérieur 3 voitures avec galerie vers la maison, chemin d'accès en klinkers et terrasse arrière en bois et pierre bleue de 200 M2. Le tout, à l'époque pour 150.000 euros de rénovation.
Soit, hors frais d'enregistrement et TVA un montant global de 195.000 euros.
Elle est estimée aujourd'hui à plus de 2 millions... et est donc quasi invendable!
Donc, ce n'était pas une bonne affaire
03/12/2012 Vieux  
 
  Hainaut
 
Tous les commentaires ci-dessus sont empreints de bon sens. Malheureusement, la génération montante est probablement la première qui, depuis la guerre, n'est pas sûre de vivre mieux que ses parents (incertitude d'avoir du travail en permanence et blocage des salaires).
Cependant, pour avoir octroyé des prêts hypothécaires, dans une autre vie, je devais déjà quand même constater le caractère déraisonnable de certaines demandes.
La règle veut qu'un emprunteur ne peut consacrer que maximum 33% de ses revenus à l'ENSEMBLE de ses prêts. Or, travailler en % n'est pas logique quant à la capacité de remboursement: 33% pour un ménage qui gagne 4.000 € nets est bien différent que pour quelqu'un qui en gagne 2.000.
Or, je me trouvais face à des projets qui mettaient les emprunteurs( qui rêvaient éveillés) à la merci du moindre aléa de la vie. En plus du remboursement du prêt hypôthécaire, ne pas oublier le ou les financements auto indispensables si vous habitez un endroits mal ou pas déservi par les transports en commun.
Il ne faut pas oublier non plus que, dans un prêt hypothécaire classique, pendant les premières années, la mensualité comprend beaucoup d'intérêt et peu de remboursement du capital. La situation ne s'inversant qu'aux environs de la douzième année, pour un prêt sur 20 ans. Ce qui veut dire que s'il faut revendre le bien en catastrophe (perte d'emploi ou divorce) dans les premières années, les emprunteurs risquent fort d'y laisser des plumes.
Je m'explique: le prêt est de 200.000 € ,si la partie de capital remboursée n'est que 185.000 € après quelques années, il est tout à fait possible, qu'en cas de revente dare-dare dans les premières années, les emprunteurs doivent encore quelque chose à la banque après la vente.
Résultat: ils n'ont plus le bien, ils ont encore une dette, ils ont payé des intérêts souvent supérieurs à un loyer, et tous les frais (notaire, enregistrement, frais d'aménagement) sont perdus.
J'invitais souvent les jeunes couples à bien réfléchir à tout cela et à parfois modérer leurs ambitions (la cave à vin est-elle bien nécessaire ??? ), à commencer modérément quitte à revendre après quelques années quant leur situation financière s'améliore et se stabilise. Mais ce discours ne passait pas toujours auprès de certains clients autistes. Il faut savoir que ce n'est jamais l'intérêt de la banque d'accorder un prêt pour faire revendre un bien en cas de défaut de paiement.
Dans la région ou je vis, je vois de grosses batîsses et je peux en estimer le prix. Ou bien les propriétaires sont particulièrement aisés (gros salaire, héritage.. ou gros lot) ou je me doute que certaines fins de mois ne doivent pas être folichonnes. De plus, ces biens sont difficiles à revendre à leur juste valeur. Quelqu'un ayant une capacité d'emprunt de 250.000 € préféra souvent construire "à son idée". Par contre,une maison (pas un appartement qui sont en surnombre à la vente) jusqu'à 100.000 voire 125.000 € partira plus facilement surtout si les acheteurs n'ont pas un poil dans la main( et Bzone est là pour les aider) et aménage petit à petit un nid douillet.
03/12/2012 Vieux  
 
  58 ans, Hainaut
 
Citation:
Posté par Parsifal Voir le message
Malheureusement, la génération montante est probablement la première qui, depuis la guerre, n'est pas sûre de vivre mieux que ses parents (incertitude d'avoir du travail en permanence et blocage des salaires).
Voilà ce qui est probablement une cruelle vérité.
03/12/2012 Vieux  
Musicseby
 
 
Je ne trouve pas que cela est la cruelle vérité. La cruelle vérité est qu'on fabrique des assistés en Belgique depuis les différents décrets enseignements et autres conneries de nos politiciens (toutes couleurs confondues). Les jeunes qui sortent des études n'ont plus rien dans les mains, même plus un esprit structuré. Ils sont souvent décrochés de la réalité niveau budget et cela dépend pas mal de l'éducation donnée par les parents.

Mon exemple personnel : depuis tout jeune, mes parents m'ont inculqué ce que vaut l'argent et que si je voulais qqch, il fallait travailler et économiser pour l'acheter. Ma mère est mère au foyer et mon père travaille seul. Mais ils se sont serrés la ceinture pour me payer des études. Je leur en remercie. Nous nous sommes installés dans une location à faible coût. Mes jobs d'étudiant depuis mes 16 ans, les années de location à faible coût, des dépenses raisonnées (peu de marque, loisirs limités, ...) m'ont permis de faire construire sans avoir un prêt qui me ferait crouler au premier virage de la vie.
Tout est une question de savoir vivre selon ses moyens.

Du boulot, il y en a pour celui qui veut travailler. Peut-être pas dans son domaine mais il y en a.
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