Groupe d'action TPCV contre la décision du GW de modifier les aides au photovoltaïque

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Groupe d'action TPCV contre la décision du GW de modifier les aides au photovoltaïque

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17/08/2013 Vieux  
 
  Namur
 
Il me semble que c'est une belle occasion de faire parler de nous...
17/08/2013 Vieux  
 
  66 ans, Hainaut
 
et ne pas paraître pour une bande de pieds nickelés...

22/08/2013 Vieux  
Musicseby
 
 
Trends/Tendances, 22/08/2013, page 26-31: Eoliennes : mine d'or ou boulet pour la Wallonie ?

LES MOULINS À VENT WALLONS DEVRONT PRODUIRE 3.800 GWH PAR AN D'ICI 2020

Eoliennes : mine d'or ou boulet pour la Wallonie ?

C'est décidé : les mâts vont se multiplier sur le sol wallon. Une marche en avant qui en hérisse plus d'un. Du coup, les éoliennes sont prises dans un vent de critiques : inefficaces, trop chères et nettement trop rentables pour leur propriétaire. A tort ou à raison ?
Dans la rubrique «facétieux et indomptable», le vent frappe fort. Un constat imparable qui se vérifie un peu partout. Surtout en Wallonie, où ça décoiffe sérieusement. Jugez plutôt. On démarre sur un joli paradoxe. Le gouvernement sudiste, poussé dans le dos par sa composante Ecolo, affiche de solides ambitions, même si son ardeur a dû être un tantinet tempérée. Bien sûr, c'est l'Europe qui a ouvert le bal dès 2007, avec son plan «20-20-20». A savoir, d'ici 2020, faire passer à 20 % le poids des énergies renouvelables dans le mix énergétique ; réduire les émissions de CO2 de 20 % par rapport au niveau enregistré en 1990 ; accroître l'efficacité énergétique de 20 %. Afin de remplir ses obligations internationales, la Belgique devra produire d'ici-là 13 % de sa consommation de manière renouvelable. Côté wallon, on s'est montré à la fois gourmand et prudent dans la formulation : l'idée étant de «tendre» vers les 20 % de vert dans la consommation finale.
C'est une pièce dans laquelle Eole a écopé d'un rôle de choix. Dans le cadre d'un objectif global de 8.000 GWh estampillés «renouvelables», les moulins à vent wallons devront fournir 3.800 GWh par an, a défini un comité ministériel restreint début juillet. Sachant que la puissance de feu éolienne actuelle (602,5 MW répartis en 273 turbines) peut fournir, selon l'Association de promotion des énergies renouvelables (Apere), 1.350 GWh par an, cela donne une idée du chemin qui reste à parcourir. En tout, ce sont quelque 700 mâts qui devraient recouvrir la campagne wallonne. Paradoxe : dans le même temps, Edora, la fédération des producteurs d'énergie renouvelable, déplore le solide coup de frein qu'a enregistré le développement éolien dans le sud du pays. De plus de 50 % en 2010, le taux de croissance a chuté aux alentours des 20 % en 2011 pour s'effondrer à 6 % en 2012. En 2013, à peine 12 éoliennes sont sorties de terre.
Alors que le vent n'a jamais autant été mis en avant par les autorités régionales, il a tendance à hérisser de plus en plus de citoyens wallons. Pour preuve : «casser» les permis octroyés devient un sport à la mode ; la table du Conseil d'Etat est encombrée de plus de 80 dossiers. Des comités de village à la plateforme Vent de raison, la voix des opposants n'a jamais porté si loin. Dénonçant la facture publique colossale que vont laisser les éoliennes, les rendements exorbitants que dégagent les producteurs ou encore les dommages causés à la santé publique, à la ruralité wallonne ou encore à la valeur des biens immobiliers situés à proximité. L'éolien sera-t-il le nouveau photovoltaïque wallon ? A savoir une bombe financière à retardement et un désastre de gouvernance ? Trends-Tendances fait le point et remet certaines pendules à l'heure.
1 QUEL EST LE VÉRITABLE BILAN CARBONE DE L'ÉOLIEN ?
Le calcul est d'une simplicité désarmante. La Belgique a décrété que le gaz serait le compagnon de transition des énergies renouvelables. Une centrale TGV (turbine gaz-vapeur) émettant 456 kg de CO2 par MWh produit ; un MWh éolien économise ce même poids puisqu'aucune molécule de gaz n'est brûlée. Bien sûr, l'éolienne, il faut la fabriquer et traiter son cadavre en fin de vie, rétorqueront les plus pointilleux. L'Intergovernmental Panel on Climate Change, ce groupe d'experts mis sur pied par l'ONU, s'est penché sur la question, calculant les émissions sur l'entièreté du cycle de vie. Bilan de l'éolien : 12 kg de CO2 par MWh. Donc toujours plus de 450 kg d'économisés par rapport au gaz.
La question du CO2 est celle qui chipote le plus Vent de Raison et son président, Patrice d'Oultremont. «Nous sommes une plateforme réunissant une bonne partie des comités de village qui se posent des questions par rapport à l'éolien ou s'y opposent plus farouchement.» Des Don Quichotte réactionnaires, allergiques aux moulins à vent ? «On nous traite d'affreux nimby, du nom du syndrome 'not in my backyard', sourit Patrice d'Oultremont. Mais non. Juste des citoyens qui posent des questions. Et n'ont jamais reçu de réponse convenable.»
Une question pourtant toute basique, estime le président de Vent de Raison. «Quelle est l'efficacité de l'éolien à remplacer les énergies fossiles ? Il faudrait quand même le savoir avant de défigurer toute la ruralité wallonne ! Or, depuis plus de quatre ans, personne n'apporte de réponse. Ou plutôt, tout le monde part d'un postulat qui établit qu'entre le gaz et le vent, la substitution de CO2 est de 100 %. Sans preuve ni démonstration. C'est inadmissible. Les principes élémentaires de la thermodynamique s'y opposent.» Le raisonnement est le suivant : la production éolienne étant variable, elle requiert une régulation fine, impliquant une centrale au gaz fonctionnant «en miroir» afin de combler les manques de vent. «Or une centrale au gaz est une machine thermique. Qui consomme le minimum d'énergie quand elle tourne en plein régime. Comme une voiture qui boit moins de carburant sur autoroute et nettement plus en ville.» Autrement dit, une partie de l'économie de CO2 réalisée serait en réalité mangée par le rendement alourdi des centrales au gaz.
Chez Edora, on reconnaît que la valeur de 456 kg est théorique, mais que les études scientifiques démontrent une économie réelle assez proche de cette valeur. Fawaz Al Bitar, conseiller éolien chez Edora, rappelle que cette technologie a été reconnue par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) comme l'une des plus efficaces dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Et de pointer diverses études évaluant la perte de rendement à une valeur évoluant entre quantité négligeable et 8 % maximum. Un travail de fin d'études estampillé «Faculté des sciences appliquées de l'ULB» situe, lui, la fourchette des économies de CO2 entre 380 et 450 kg par MWh. Un travail que certains dénigrent, puisque supervisé par Michel Huart, par ailleurs secrétaire général de l'Apere. L'ULg serait en train de finaliser une étude sur ce dossier et parlerait d'une perte de rendement du gaz tournant autour des 10 %, ce qui laisse toujours plus de 400 kg de gaz à effet de serre qui ne partent pas dans l'atmosphère.
Sur ce débat, Laurent Minguet n'entend pas s'attarder. «Quitte à crisper, je dirais qu'avant tout, l'essentiel est de disposer d'une électricité compétitive et fiable, qui ne mette pas en danger la richesse nationale, souligne l'homme d'affaires qui préside également le cluster TWEED (Technologie wallonne Energie Environnement et Développement durable), rassemblant une centaine d'entreprises. Si en plus, elle n'émet pas ou peu de CO2, c'est tant mieux ; même si les petits efforts de la Wallonie sont broyés par les non-efforts de toute la planète. Quoi qu'il en soit, oui, les économies de CO2 sont difficiles à estimer précisément, mais attention aux sophismes ! Le marché électrique n'a rien d'un vase clos ; cet hiver, des centrales au gaz n'ont pas tourné alors qu'on importait du courant issu du nucléaire français ou du charbon allemand. Des centrales peuvent par ailleurs très bien tourner plein pot, puis s'arrêter totalement. Le raisonnement des opposants à l'éolien serait exact s'il n'existait, dans toute l'Europe, qu'une seule éolienne et une seule centrale au gaz. Autant dire que ce n'est pas le cas. Ce qui est certain, par contre, c'est que plus il y a de renouvelable, moins il y a de CO2.»
2 FAUT-IL JETER LE CADRE DE RÉFÉRENCE PROPOSÉ PAR ECOLO ?
On a déjà vu accueil plus chaleureux. Parmi la bonne centaine d'avis remis par les communes wallonnes, il ne faut qu'un tout petit plus que deux mains pour comptabiliser les réponses positives. Beaucoup de refus, encore plus de questionnements. Pour rappel, en février dernier, l'exécutif wallon adoptait le «bébé» de Philippe Henry (Ecolo), ministre de l'Environnement. A savoir un cadre de référence pour le développement des parcs éoliens, déterminant les lieux et critères d'implantation. Avant de lancer l'enquête officielle, la Région décidait de tâter le terrain et l'humeur des communes, qui avaient jusqu'à la fin avril pour réagir.
Les pouvoirs locaux ne sont pas les seuls à s'être cabrés. Côté scientifique, on s'est aussi ému de la carte délimitant les zones susceptibles d'accueillir les futurs mâts. Premier bémol : une carte esquissée par des agronomes et non par des experts en cartographie, cela fait mauvais genre. Surtout, ses détracteurs pointent le manque de précision des données disponibles en Wallonie ; imprécision qui a la fâcheuse tendance à se propager lorsqu'on les croise, ces données, ruinant par là le caractère scientifique de la carte. Au final, les approximations contenues dans la cartographie proposée (plusieurs centaines de mètres) seraient du même ordre que la limite d'exclusion entre les éoliennes et l'habitat. Gênant.
Suite aux critiques communales, la Wallonie a remis son cadre sur l'ouvrage. D'un objectif annuel de 4.500 GWh éoliens à l'horizon 2020, on est passé à 3.800. Outre des précisions concernant les normes de bruit, le cadre actualisé et avalisé en comité ministériel restreint le 4 juillet dernier augmente la distance à respecter entre le mât et les habitations de trois à quatre fois la hauteur de l'éolienne (soit environ 600 mètres), avec une flexibilité accrue pour les habitations isolées. Ce qui réduit de 52.000 à 37.000 le nombre d'hectares dans lesquels des éoliennes pourraient sortir de terre, avec une priorité accordée aux terrains bordant les autoroutes.
Si imprécise soit-elle, cette carte a toutefois le mérite de définir les règles du jeu éolien, qui baignaient jusque-là dans le flou artistique le plus complet. Sa nouvelle mouture satisfera-t-elle davantage les communes wallonnes ? Réponse après les vacances, lors de l'enquête publique, qui risque de ne pas être une partie de plaisir. «Il est déjà difficile d'obtenir un permis pour six éoliennes, sourit Miguel de Schaetzen, administrateur délégué d'Eneco Wind Belgium. Alors pour un plan de plus de 600 mâts, je ne vous raconte pas !»
3 PARC ÉOLIEN RIME-T-IL AVEC MOINS-VALUE IMMOBILIÈRE ?
Moins 10, 20, 30 %. Rien à voir avec la frénésie des soldes. Il s'agit plutôt du regard noir que jettent certains des propriétaires qui apprennent que leur nouveau voisin sera un parc éolien. Terres ou habitations : les rumeurs font état de dépréciations allant jusqu'à 40 %. «Si l'éolien avait un tel effet sur la valeur des briques, cela serait remonté jusqu'à nous, qui avons 190 agences dans le pays, rassure Sybille Colin, porte-parole de Century 21. Son impact est plutôt sporadique. Et puis, les mâts sont le plus souvent localisés à proximité des autoroutes ; dans ce cas, ce sont surtout ces dernières qui entachent l'attrait des biens immobiliers.»
Du côté des notaires, on signale que la présence de moulins à vent fait surtout peur avant leur implantation, pouvant entraîner une baisse de valeur sur le marché local. Baisse qui ne résiste pas à l'usure du temps puisque cet impact négatif — s'il existe— ne mettrait que quelques mois pour disparaître. Jean-Paul Mignon, président de la Commission immobilier des notaires francophones, s'est ainsi employé à combattre les rumeurs baissières. Si aucune étude d'envergure n'a été réalisée en Wallonie, pas moins de 24.000 transactions ont été observées aux Etats-Unis, dont 14.000 avec vue sur éolienne. Conclusion : les parcs n'ont aucun impact significatif sur le marché. Ce qui est valable outre-Atlantique l'est aussi en Wallonie, souligne le notaire. Qui s'est penché sur le cas brabançon de Perwez, où les éoliennes n'ont pas mangé 30 % de la valeur du marché, comme le souligne un Internet parfois alarmiste. Au contraire, hormis un petit fléchissement dû à la crise en 2009, les prix n'ont pas cessé de monter.
4 LES MOULINS À VENT VONT-ILS METTRE LA WALLONIE SUR LA PAILLE?
Plus cher encore que le photovoltaïque wallon : l'éolien, clament ses détracteurs. Qui ont sorti la grosse louche et la calculatrice : 4.500 GWh par an d'ici 2020, un plancher de 65 euros pour les certificat verts garantis durant 15 ans, voilà qui laisse aux 3,5 millions de têtes peuplant la Wallonie une ardoise publique d'environ 4,5 milliards d'euros. Pire que le dérapage des 3 milliards liés aux panneaux photovoltaïques.
L'objectif est d'économiser du CO2 ? Autant dès lors investir dans la rénovation énergétique des bâtiments, nettement plus efficace et économique. Un euro investi dans l'éolien économiserait ainsi quatre fois moins de CO2 que le même euro placé dans de l'isolation et, surtout, serait 20 fois plus subsidié, se sont amusés à chiffrer des citoyens voyant des pales tourner à proximité de leur toit.
De l'argent jeté par les fenêtres ? Pas si vite. Déjà, la facture risque d'être réduite. Parce que les mâts seront moins nombreux qu'initialement annoncés. Parce que les cinq dernières années peuvent voir les subsides rabotés, si jamais la rentabilité du parc concerné se montre trop vitaminée. Parce que, annonce la Commission wallonne pour l'énergie (Cwape), le gouvernement travaille sur une réforme du système, qui amènera un facteur correctif permettant de revoir les montants alloués si jamais le prix de l'électricité s'écarte par trop de l'hypothèse utilisée dans les calculs de rentabilité. Parce que, enfin, rien n'exclut que le gouvernement ne revienne un jour sur sa parole et prenne des mesures rétroactives — la farce photovoltaïque a montré que cela ne relevait pas de l'inenvisageable. C'est que, par définition, un mécanisme de soutien est appelé à disparaître le jour où la filière peut se passer de sa béquille.
«Au final, la facture sera inférieure à ces 4,5 milliards d'euros, avance Laurent Minguet. Peut-être plus proche des 3 milliards, à savoir l'équivalent de celle du photovoltaïque qui produit nettement moins d'énergie.» Trop cher ? A ce stade, il est bon de rappeler que le secteur de l'énergie a souvent été financièrement soutenu. Prenez les centrales nucléaires belges, dont l'amortissement accéléré a été supporté par le consommateur — déjà entendu parler de la fameuse rente nucléaire ? Prenez les nouveaux projets atomiques, au Royaume-Uni notamment : ils ne sortent de terre que si leur production est achetée à un prix garanti. Retour en Belgique, où le fédéral a l'intention d'assurer une rentabilité minimale, six années durant, à 800 MW de nouvelles capacités tournant au gaz. Il est faux de croire que le portefeuille du consommateur tire seulement le boulet renouvelable.
Et puis, s'il y a bien une colonne «coûts», pourquoi ne pas pointer celle des bénéfices ? «Les énergies renouvelables réduisent notre dépendance aux importations et aux énergies fossiles, insiste Xavier Desgain (Ecolo), parlementaire de référence pour les dossiers énergie, climat et environnement. Je l'affirme : d'ici 2020, la totalité des montants investis dans le soutien seront récupérés via les avantages que nous en tirerons.»
Enfin, le vent ne ruine pas la «nation wallonne», affirme Laurent Minguet. Qui a, lui aussi, sorti sa calculatrice. Résultat, l'homme d'affaires estime qu'un MWh éolien coûte, à la production, environ 60 euros. «Cet hiver, par contre, la Belgique importait de l'électricité tournant autour des 40 euros le MWh.» Quel pourrait bien être l'intérêt de produire du courant à 60 euros alors même que l'on peut en acheter pour 20 euros de moins ? «Il convient de regarder les conséquences que cela génère sur la balance commerciale wallonne, poursuit Laurent Minguet. Importer un MWh à 40 euros fait pencher cette balance d'autant dans le rouge. Pour une éolienne, par contre, c'est différent. Certes, la machine provient d'Allemagne ou du Danemark, mais un MWh consommé ne pèse que 25 euros sur la balance. Cela peut paraître paradoxal ; il revient toutefois moins cher à la Wallonie de consommer un MWh éolien qu'un MWh importé.» Attention, souligne le président de TWEED. Ces considérations concernent le grand éolien, mais pas les éoliennes «moyennes» (autour de 100 KW).
Quant à la rénovation énergétique des bâtiments, la Région y investit déjà à grande échelle, rappelle Xavier Desgain. Pour qui ces deux axes ne doivent pas être opposés mais réalisés de concert. «Ils répondent à des objectifs différents. Et puis, isoler son logement est aujourd'hui rentable — ce qui n'est pas encore le cas des énergies renouvelables qui doivent être soutenues.»
5 LES PRODUCTEURS S'EN METTENT-ILS PLEIN LES POCHES ?
Scan-da-leux. Cet expert-comptable à la retraite a failli s'étouffer d'indignation en parcourant les bilans des sociétés exploitant les parcs éoliens. C'est qu'il y a trouvé des rendements sur fonds propres allant de 300 à plus de 1.000 % par an. «Les bénéfices annuels avant impôts peuvent être estimés à environ 100.000 euros par MW installé. Tout ça grâce à l'argent public !» Côté autorités wallonnes, tant le gouvernement que le régulateur parlent de retours encadrés tournant plutôt autour des 8 % — nettement plus raisonnable, vous en conviendrez.
Insensé ? Pas vraiment. Tout dépend des lunettes que l'on chausse. Selon que l'on se penche sur le retour sur fonds propres (return on equity) ou sur la totalité de l'investissement (return on investment). Les résultats astronomiques brandis par les citoyens indignés relèvent de la première catégorie tandis que les données officielles, se basant sur le taux de rentabilité interne des projets (TRI), proviennent clairement de l'autre côté de la barrière. «Ce qui parle aux actionnaires, ce n'est pas la rentabilité interne d'un dossier, mais bien ce que vont lui rapporter les montants qu'il investit, dénonce notre expert-comptable.»
Sauf qu'il est impossible d'écarter de la sorte le taux de rentabilité interne. «C'est du jargon de microéconomiste, admet Laurent Minguet. Un TRI de 8 % signifie que si tout l'argent investi dans un parc éolien était emprunté à du 8 %, il ne rapporterait strictement rien.» Le point mort, en quelque sorte. «Il faut toujours regarder la rentabilité totale d'un projet, enchaîne Xavier Desgain. Si j'investis un million d'euros, je regarde ce que ce million me rapporte, peu importe que tout sorte directement de ma poche ou que j'aie dû emprunter 800.000 euros. C'est simple : la décision d'investir dépend du TRI. S'il n'est pas acceptable, eh bien, l'investissement ne se fait pas.»
Mais il est vrai qu'à l'époque, certains parcs éoliens ont dégagé de juteux bénéfices, affichant un TRI montant jusqu'à 12, voire 15 %. Un nouveau marché s'ouvrait, les meilleurs emplacements étaient disponibles, obtenir son permis ne relevait pas encore du parcours du combattant, le temps de développement était nettement plus restreint, sans oublier la flambée des prix de l'énergie intervenue en 2008. «Certains parcs ont énormément rapporté, bénéficiant d'une situation de fait, tout comme les particuliers ayant placé des panneaux solaires il y a quelques années», admet Bruno Claessens, le facilitateur éolien pour la Wallonie. «Il y a eu alors quelques valorisations très importantes d'entreprises», confirme Olivier Squilbin, directeur en charge de la promotion des énergies renouvelables auprès de la Cwape.
Excessif ? «C'est un épiphénomène dans l'histoire de l'éolien», juge-t-il. «Il faut rappeler que certains ont endossé le costume de pionniers et ont investi au bon moment, plaide-t-on chez Edora. Ceux qui ont réussi se sont enrichis ; mais combien d'autres ont mordu la poussière ?» Tel est le cycle de vie de tout business, ajoute Miguel de Schaetzen. «Comme les éleveurs de cochons ou les exploitants de phone shops : les premiers ont bien gagné leur vie, les suivants ont tiré la langue. Pour se lancer, il fallait que le jeu en vaille la chandelle ; sans cela, l'éolien ne se serait pas développé. Et en regard des bénéfices réalisés, il faut aussi inscrire les montants investis : plus de 250 millions d'euros, en ce qui nous concerne. Sans parler de l'emploi généré.»
Quoi qu'il en soit, cet âge d'or est à présent clôturé, jure-t-on de tous côtés. «Ces dernières années, la rentabilité est devenue nettement moins confortable», témoigne Bruno Claessens. Les raisons sont multiples ; en voici un petit florilège non exhaustif. En Bourse, le prix de la fée électricité a chuté depuis 2008 : de 60 euros le MWh, les contrats à trois ans se négocient à présent autour des 45 euros le MWh. Dans le même temps, la valeur des certificats verts a bu la tasse : de plus de 85 euros en 2009, elle est tombée à une moyenne de 71 euros début 2013. Et encore, les nouveaux arrivants sur le marché se négocient un fifrelin sous la barre des 65 euros. Ajoutez à cela des coûts de développement qui explosent : un permis met parfois sept ans à être délivré, les études d'incidence et mesures de compensation sont de plus en plus poussées. «Nous avons ainsi dû acheter un radar pour compter les canards : 60.000 euros, témoigne Miguel de Schaetzen. En guise de compensation environnementale pour 12 éoliennes, nous devons aménager jusqu'à 40 hectares !» A quoi s'ajoutent des coûts de raccordement au réseau de plus en plus onéreux et une taxe communale qui, au grand soulagement du secteur qui parlait de véritable surenchère, vient d'être harmonisée à 8.000 euros par éolienne par an. «Au lieu de dizaines de milliers d'euros, les frais de développement d'un dossier se comptent désormais en centaines de milliers. Et là où une demande débouchait auparavant sur un permis, il en faut à présent trois, quatre ou cinq. Ce que l'on perd d'un côté, sur un projet, il est normal de le rattraper de l'autre.» Cerise sur le gâteau : les banques sont devenues plus frileuses, demandant plus de fonds propres et rabotant par là le formidable effet de levier dont bénéficiaient les promoteurs éoliens.
6 LA FACTURE ÉOLIENNE PEUT-ELLE ÊTRE DIMINUÉE ?
«Le soutien à l'éolien n'est pas surévalué, affirme la Cwape. Une rentabilité de 8 %, c'est raisonnable dans l'énergie. Ne tombons pas dans l'ambiance pathologique générée par le photovoltaïque.» Raisonnable, 8 % ? Il suffit d'analyser le dernier compromis à la belge portant sur l'atome pour s'en convaincre : sur le réacteur Tihange 1 prolongé de 10 ans, Electrabel et EDF sont assurés de tirer au grand minimum 15 % de marge — et encore, ce calcul est basée sur une hypothèse généreuse en termes de coûts de production. Ceci dit, re-connaît Bruno Claessens, le soutien belge à l'éolien est en fait relativement généreux par rapport au reste de l'Europe. Soutien plus prix d'achat donnent un petit peu plus de 100 euros le MWh en Belgique, contre un tarif garanti de... 82 euros en France, par exemple. Attention toutefois aux conclusions hâtives. Ils seront peu à le démentir, peu aussi à vouloir le crier de vive voix : la complexité belge pesant sur le développement de l'éolien et le manque de visibilité sur le long terme rendent le vent belge forcément plus cher que celui qui souffle outre-Quiévrain.
N'empêche. Il reste un peu de gras qui peut être taillé, estime Laurent Minguet. «Le système a fait des envieux, générant une sorte de ruée vers l'or. Soutenir le grand éolien est une excellente idée ; cela ne veut pas dire pour autant donner trop d'argent à des entreprises étrangères et créer une rente de situation. L'octroi de certificats verts est toujours trop généreux, faisant de l'éolien un produit financier juteux. Une rentabilité interne de 8 ou 9 %, cela reste confortable ; un rendement de 6 à 7 % me paraît mieux calibré — bon nombre de fonds de pension sont ravis de placer leur argent à plus de 5 %. Une politique de rentabilité plus faible permet d'éviter les ruées opportunistes.» Au final, plus que l'élaboration d'une politique de soutien pertinente, c'est son suivi et son adaptation presque permanente qui constituent le véritable défi du politique et des régulateurs énergétiques. C'est d'ailleurs ce qui a cruellement manqué dans le dossier photovoltaïque wallon. ◉
BENOÎT MATHIEU
22/08/2013 Vieux  
 
  57 ans, Brabant Wallon
 
Citation:
Posté par Musicseby Voir le message
Trends/Tendances, 22/08/2013, page 26-31: Eoliennes : mine d'or ou boulet pour la Wallonie ?
(...)
Définitivement "boulet" pour la Wallonie !

Prenons le cas du Danemark, un "pionnier" en la matière:

Sur les dernières 5 années, le Danemark a consommé 5% de l’électricité d’origine éolienne qu’elle produit. La puissance installée correspond cependant à 20% de ses besoins ; mais elle est hélas incapable de la consommer au moment où elle produit cette énergie. En conséquence de quoi, le DK vend son électricité d’origine éolienne au rabais à la Suède et à la Norvège ; ces derniers utilisent cette électricité afin de pomper l’eau pour remplir ses lacs de retenue et lorsque le DK a besoin d’électricité, elle en rachète à la Suède et à la Norvège, mais au prix fort !

Cherchez l’erreur !

Ces dernières 8 années, le DK a exporté en moyenne 51% de son électricité, produite très chèrement aux frais du contribuable danois et au grand bénéfice des consommateurs suédois et norvégiens ! L’énergie d’origine éolienne que le DK exporte n’économise ni l’énergie d’origine fossile, ni les émissions deCO² ; alors que le contribuable danois a cependant payé pour cela ! Les bénéficiaires sont les autres pays scandinaves ! Je vous laisse lesoin de découvrir le reste (en anglais) : http://www.cepos.dk/fileadmin/user_u...of_Denmark.pdf .

C’est ça que vous voulez pour la Belgique ? Rappelez-moi quels sont les pays voisins de la Belgique qui sont prêt à jouer pour nous le rôle de réservoir comme le font la Suède et la Norvège pour le DK, mais gratuitement pour la pauvre Belgique désargentée ?

Que l'on réfléchisse *avant* de défigurer irrémédiablement nos paysages; une fois que les mâts y sont, il est trop tard !

Dernière modification par Railsavoie 22/08/2013 à 13h38.
22/08/2013 Vieux  
 
  40 ans, Hainaut
 
railsavoie: t'inquiète, on aura notre réservoir géant buffer en mer du nord:

http://www.decisionsdurables.com/bel...rgie-eolienne/

mais aussi:
http://www.consoglobe.com/eoliennes-...ricite-1712-cg
22/08/2013 Vieux  
 
  61 ans, Liège
 
Et comme le dit Jean de Lafontaine:
La Wallonie se trouva fort dé-wattée lorsque la scission fut venue et elle ira mendier des ampères à sa voisine la Flandre.
Je ne suis pas sûr que la Flandre sera plus prêteuse que la fourmi.
22/08/2013 Vieux  
 
  66 ans, Hainaut
 
??? La Flandre ne produit pas assez...
C'est la France qui fournit le déficit des pays européens grâce à son nucléaire.
25/08/2013 Vieux  
  61 ans, Luxembourg
 
Salut,
Des nouvelles de l’Ecolofête de Fontaine-l’Evêque certainement aucun représentant pour débattre avec nollet.
A+
26/08/2013 Vieux  
 
  72 ans, Liège
 
Je suppose qu'il n'était pas indispensable d'être là pour représenter TPCV et que qui le souhaitait pouvait débattre avec JMN.
02/09/2013 Vieux  
  67 ans, Hainaut
 
Débattre ?

"
L'ouvrage le plus plat a, chez les courtisans,
De tout temps ,rencontré de zélés partisans ;
Et, pour finir enfin par un trait de satire,
Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire.
"
L'art poétique / Chant 1 / Boileau

Pour la bonne bouche ...

http://fontaine-leveque.ecolo.be/nos...MarcNollet.pdf
http://fontaine-leveque.ecolo.be/nos...MarcNollet.pdf
http://fontaine-leveque.ecolo.be/nos...ierDesgain.pdf
02/09/2013 Vieux  
 
  40 ans, Liège
 
Page 15 de la 2ème présentation de JMN :
Groupe d'action TPCV contre la décision du GW de modifier les aides au photovoltaïque
02/09/2013 Vieux  
 
  61 ans, Liège
 
Comme d'habitude, en favorisant les "riches" et l’éolien ou autre moyen innaccessible au citoyen et en faisant financer les projets par les moutons-citrons
02/09/2013 Vieux  
  61 ans, Luxembourg
 
Salut,
Et que dire des installations qui vont s'éteindre au moindre problème.
Qui va encore investir dans ce domaine même pour une réparation, le renouvelable en Wallonie est mort et enterré.
A+
02/09/2013 Vieux  
 
  40 ans, Liège
 
La réponse se trouve en page 2 de la présentation de M. Desgain : « garanti au moment de la mise en service de l’installation ».

Blague à part, il y a une erreur dans la présentation : le quota en 2020 est 37,9% et pas 39,7%. C'est le quota de certificats verts, pas d'électricité verte. Vu les exonérations de CV octroyées aux entreprises électro-intensive, ça devait en théorie correspondre à une production wallonne d'électricité verte égale à 30% de la quantité d'électricité consommée en Wallonie.

Mais comme le marché s'est cassé la figure à cause du plan Solwatt, le quota n'a plus aucun espèce d'intérêt.
02/09/2013 Vieux  
 
  66 ans, Hainaut
 
Citation:
Posté par marc.d Voir le message
Mais comme le marché s'est cassé la figure à cause du plan Solwatt, le quota n'a plus aucun espèce d'intérêt.
à cause du plan Solwatt?... Ce n'est pas exact...

D'un mauvais suivi de l'application du plan Solwatt... par un Ministre incompétent.

C'est dommage et personne ne mesure encore les conséquences de cette incompétence.
02/09/2013 Vieux  
 
  65 ans, Namur
 
En France, c'est pas mieux:
http://www.enerzine.com/14/16173+fra...te-libre+.html
02/09/2013 Vieux  
 
  66 ans, Hainaut
 
Citation:
Posté par lamy Voir le message
Normal, les écolos sont arrivés au pouvoir.

Enfin, avec pareil président... on peut s'attendre à tout!

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