Souvenirs d'urgences... un matin, 9h, en retard pour le boulot, BZone me dépose dans une petite gare bruxelloise pour choper un train et arriver à la gare du Nord plus ou moins à l'heure. J'entends le train en arrivant dans le couloir en travaux. Je pique un sprint. Je sens un truc qui claque, je tombe, je rate le train. Apres quelques péripéties, on m'emmène à Saint Pierre ou un doc me dit "faut opérer tout de suite, votre tendon d'Achille est coupé, faut le réparer avant que ça ait trop gonflé". Je demande à être transférée à Liège, histoire d'être en terrain plus familier. On me plâtre temporairement, on me dit qu'il faut aller vite. BZone n'écoute que son bon cœur, et me conduit à la Citadelle. J'arrive aux urgences, on explique, on attend jusque bien tard dans l'après-midi et on finit par voir un doc. Il lit le rapport de l'hôpital bruxellois puis il me pose trois questions : "faites-vous du sport ?", "avez-vous des enfants ?", "faites-vous un métier physique ?". Je réponds non aux trois questions, il me signe un papier et dit "rentrez chez vous, ça va se remettre, aurevoir".
A la sortie, en attendant que BZone aille chercher la voiture, un brancardier en pause clope me dit "vous rentrez chez vous comme ça ? vous êtes folle, ça va jamais se réparer".
On en parle dans la voiture... Je rentre chez moi, à jeun depuis le matin je saute sur tout ce qui traîne pendant que ma moitié téléphone à tous les docs qu'il connaît. Tous conseillent de retourner à l'hôpital. Trop tard de toutes façons.
J'ai du attendre des jours, puis passer des examens, programmer l'intervention, repos, kiné etc... bilan : 6 mois d'incapacité de travail
Quelques années plus tard, dans une autre province, je mets au monde une adorable petite fille... c'est mon 2e bébé on me dit que je peux rentrer chez moi au jour 2 à condition de faire venir une infirmière pour vérifier que tout va bien. J'accepte... me voilà à la maison avec un bébé et son frère 18 mois plus vieux. L'idéal pour se reposer. Les jours passent, j'ai mal au ventre... l'infirmière me tripote et me dit que ça va, ça se remet, pas de panique, il faut le temps... OK...
Un soir je ne tiens plus, je dis "y a un truc qui cloche"... BZone m'embarque aux urgences... J'attends longtemps... je raconte mon histoire... on me tripote de partout, le doc de garde, le gynéco (qu'on doit réveiller), le scanner... rien. Il paraît que c'est normal. On veut me jeter dehors. Je continue à dire que c'est pas normal. Retour dans mon box aux urgences, un autre urgentiste, un Argentin avec un accent à couper au couteau me dit "moi je vous crois... je vous garde. Si demain vous avez la nausée, on saura ce que c'est". On m'installe pour la nuit dans le box des plâtres, sur la table en plastique orange top confort... A 5h il rallume, me dit 'et alors ?' et je lui gerbe dessus. A 6h on me retire l'appendice

Ce qui a été cool c'est qu'après on m'a autorisée à garder ma fille avec moi pour quelques jours. On m'a transféré un vieux berceau et tout le service venait voir la petite. C'était mieux qu'à la maternité et j'ai enfin pu récupérer
Les hôpitaux c'est bien, mais faut garder à l'esprit que c'est une usine et que de temps en temps, à l'usine, on laisse passer une pièce cassée
