... et celle-là, j'l'adore!
Des p’tits clous toujours des p’tits clous...
Dans une petite quincaillerie, un petit clou vivait là depuis des années. Il avait été mis au placard. Il faut avouer qu’en matière de bricolage, il ne valait pas un clou. Ses collègues disaient qu’il était tombé sur la tête et qu’il était un peu marteau. Certains pensaient qu’il était ainsi, suite à une déception amoureuse. En effet, un clou un peu cavalier lui avait promis de vivre avec lui dans une grande chaîne de bricolage. Il lui fit l’étalage de tous les avantages de cette nouvelle vie. En réalité, il se paya sa tête et le laissa planté là, du jour au lendemain.
Ce petit clou ne se sentait pas à sa place dans cet univers. Il rêvait de devenir une grande vedette et d’être, pourquoi pas, le clou du spectacle. Bref, dans sa quincaillerie, il rêvait secrètement de Big Bazar ou, qui sait, d’être chanteur comme Boby Lapointe. Mais il devenait un vieux clou quelque peu rouillé et ses chances de réussite « s’amenuisier ». Il avait en mémoire un épisode de sa vie au cours duquel il avait rencontré un impresario, qui lui avait fait un contrat pour jouer dans le film Max et les ferrailleurs. Il y eut « vis » de forme et ne sachant plus que faire, il alla voir ailleurs.
Mais quand une idée vous tenaille, vous ne laissez pas tomber comme ça. Un jour, le petit clou entendit parler d’une vis qui était en cheville avec un auteur-compositeur. Celui-ci cherchait un couple de chanteur pour interpréter ses paroles. Il se dénommait Serge. Un mec maigre comme un clou, mal rasé mais avec dans le physique une pointe d’originalité. Il le rencontra et ce dernier lui dit : « Je cherche un clou à tête d’homme mais qui ait des états « dame ». Je veux de la puissance et de la sensibilité. » En réalité, il cherchait une voix de tête. La vis et lui, firent un essai en studio dans la journée. La vis chantait avec une voix métallique. Cela n’avait rien d’humain. Serge lui dit de façon très agacée : « Qu’une vis aboie, je n’avais jamais entendu cela. Vous ne faites pas du tout l’affaire ». Puis, s’adressant au clou : « Vous chanterez en solo, j’espère que vous ne prendrez pas la grosse tête ».
La confiance établie entre le petit clou et l’auteur, un travail de longue haleine put commencer. Quelques mois plus tard, une chanson allait rester deux mois en tête du top 50. Sur toutes les radios de France et de Navarre, les auditeurs purent entendre toute la journée cette chanson : « J’ai un p’tit clou, des p’tits clous, toujours des p’tits clous. Des clous de seconde classe... ». Ainsi, le petit clou devint célèbre avec ce tube planétaire : « Le bricoleur des lilas ».